|
La flotte de pêche
à Pondichéry
par Lionel
Deux catégories distinctes:
La flotte de port, et la flotte de plage.
La flotte
de port, chalutiers et grosses barques polyester Ces deux types de bateaux sont propulsés
par un moteur diesel interne.
Les chalutiers sont approximativement au nombre de 70. Dix à douze mètres de long, campagne
de pêche de 3 jours à une semaine, équipage
non propriétaire généralement.
Coût de l'ordre de 300 000 Roupies, sans moteur, motorisation
100 000 Roupies
Propriétaires : la classe moyenne indienne au moins.
Priorité économique (exportation et emploi) et
alimentaire dans ce pays végétarien, ils ont été
assez largement subventionnés il y a quelques années.
Les aides gouvernementales ne font aucun doute.
La flotte a peu souffert matériellement, mais elle est
toute entière dans un bras de rivière à
sec à 800 mètres du port. Consulté pour
expertise, j'ai nettement senti la volonté des pouvoirs
publics de résoudre cette situation.
La flotte
de plage Evidemment
c'est elle qui a le plus souffert, allant en certains endroits
jusqu'à la destruction complète, en plus des destructions
des maisons et des huttes.
Quatre catégories identifiées, dont trois explorées
attentivement. La quantité de bateaux est très
difficile à quantifier, mais il s'agit de centaines, voir
d'un millier de bateaux rien qu'à Pondichéry (plus
de 10 000 à Nagappattinam).
Les Katumarans
en fibre de verre
(6 à 8 mètres de long, coût 60 000 Roupies,
plus le moteur 8000 Roupies) le plus souvent propriété
du pécheur qui fait généralement partie
d'une famille très implantée au village, "notables"
locaux. Un excellent pécheur
sur Katumaran bois peut parvenir à posséder ce
type de bateau.
La flotte a beaucoup souffert. Les moteurs, démontés
chaque soir, sont indemnes. Mais les coques sont souvent très
endommagées, voir totalement détruites.
Une industrie de petits ateliers existe. Afin de ne pas déstabiliser
une économie déjà fragilisée, nous
interviendrons dans le financement total ou partiel, en utilisant
les ateliers locaux.
Les Katumarans
bois/moteur 6 à
8 mètres, simples troncs assemblés comme leur nom
l'indique. (Bois liés en Tamil)
Coût de 8000 a 12000 Roupies sans moteur.
La difficulté majeure vient du bois employé, le
"cottonwood" (en fait le kapokier). Il n'est pas planté,
mais pousse spontanément en quantité juste suffisante
au renouvellement habituel de la flotte.
L'aide est ici plus facile: il n'existe pas d'industrie, le pécheur
construisant lui même son embarcation, recourant à
l'occasion au charpentier du village qui peut être facilement
intégré dans le projet.
Nous commençons là à parler d'une classe
de la population extrêmement démunie. Mais nous
verrons qu'il y a pire. Eux ont tout de même le plus souvent
une "maison" en dur.
Ils sont l'objectif le plus facile du projet.
Les Katumarans
bois/pagaie Les bateaux
sont sensiblement les mêmes, seuls les deux troncs centraux
sont un peu plus longs pour pouvoir s'asseoir et pagayer. L'inertie des 350 kg d'un bateau traditionnel est
difficile à gérer à la pagaie, une fois
lancé ce problème s'estompe, et surtout le passage
de la barre est facilité.
Pauvres entre les pauvres, ces pêcheurs n'ont q'une hutte
en palme sur la plage, deux casseroles, leur bateau et un revenu
de moins d'un Euro par jour. Ils constituent la
catégorie qui devra être la plus aidée.
Nous n'oublions pas
Les pécheurs
d'estuaires et lagunes
qui ont évidemment tout autant souffert que les autres.
L'étude de la catégorie Katumarans à pagaie
m'avait fait penser que j'avais touché le fond de la pauvreté.
Et bien non, pour ceux là c'est, 50 centimes d'Euro par
jour, et leur statut
est encore en dessous des intouchables (est-ce possible?) et
de ce fait souvent exclus des camps de réfugiés
.....

Nous allons également voir ce qu'il est possible de faire. |