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PONDY-PECHEURS
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Bilan après trois mois d'actions

10 avril 2005

Un grand merci à vous tous, donateurs et collaborateurs de partout, grâce à qui Pondy-Pêcheurs existe et agit auprès des plus démunis.

Après trois mois de fonctionnement, voici le bilan effectif de nos actions.
Une solide équipe de terrain (voir les pages "Qui sommes nous ?"), un beau projet (voir les pages "Les Aides") et votre participation (les dons reçus sont conformes à l'élan de générosité constaté partout dans le monde pour ce tsunami) permettent à Pondy-Pêcheurs de poursuivre ses objectifs et d'élargir son champ d'application (voir les pages "Pondy-Ecole").

 

Les vraies difficultés commencent quand se posent concrètement les questions pratiques contenues dans la question de base "Et maintenant, on procède comment ?"
Bien entendu beaucoup de réflexions et d'échanges de point de vue, de nombreuses hypothèses échafaudées, des stratégies mises en place … et puis arrive la réalité du terrain !
On sait bien au départ que nos montages en équilibre seront soumis à ajustement et correction … mais la réalité est parfois plus dure que l'imagination.

 

Pour nous, Pondy-Pêcheurs, notre ligne de réflexion et d'action est maintenant clairement définie :


- nous définissons un prototype (plus exactement plusieurs modèles adaptés aux différents types de pêches pratiquées) qui se caractérise par :

- des caractéristiques techniques permettant une pêche identique à ce qu'elle était avec les katumarans originaux
- des matériaux modernes (contreplaqué marine, polyester) permettant un gain important de poids et de maniabilité sans perte de performance ni de longévité
- une conception suffisamment simple pour que les pêcheurs puissent construire leurs bateaux eux-même
- un prix de revient modeste.

- ces barques sont fabriquées par les pêcheurs eux-même :

- lorsque nous avons identifié un village et ses besoins, le village délègue de 3 à 5 membres (plutôt des jeunes pêcheurs et si possible le charpentier du village) qui viennent se former durant une dizaine de jours, à la construction des barques afin d'être autonome lors de leur retour au village ; les stagiaires sont défrayés pour leur transport et leur repas de midi, le charpentier, en tant que professionnel touche un salaire journalier durant la formation.
- de retour au village avec l'outillage fourni et une première série de kits de barques, ces pêcheurs les fabriquent (ou en dirige la fabrication)
- Pondy-Pêcheurs valide sur place les barques terminées et fournit de nouveaux kits jusqu'à ce que l'engagement initial du nombre de barques soit atteint.

 

- les barques ne sont pas données individuellement aux pêcheurs mais à une coopérative villageoise

- pour éviter tout dérapage, les barques et filets fournis sont donnés à une coopérative qui les loue journellement aux pêcheurs (le montant de la location est librement déterminé par le village)
- les coopératives villageoises doivent impérativement être constituées avec des femmes dans leur bureau (traditionnellement, ce sont les femmes qui gèrent financièrement le produit de la pêche par la vente au marché)
- charge à la coopérative de déterminer l'usage collectif qui doit être fait des loyers recueillis

L'ensemble de ces conditions constituent La Charte.
A chaque prise de contact avec un village et dès l'évaluation des besoins, est clairement posée l'acceptation de la Charte comme base de notre collaboration.
Cette Charte est reprise et énoncée publiquement devant les femmes de la Coopérative et tout le village rassemblé lors de la livraison des premières barques fabriquées durant le stage. A cette occasion est officiellement annoncé le montant du loyer journalier à reverser à la coopérative.
Pas de document écrit, mais une poignée de main publique qui a plus de valeur que toute signature apposée au bas d'un contrat.

 

Le point sur la situation

Plus de trois mois après le tsunami, le monde des pêcheurs de mer est toujours en ébullition, non pas qu'ils aient été oubliés, mais parce qu'ils ont été au contraire l'objet de toutes les attentions. Sur certaines zones (certes particulièrement touchées) il y a eu embouteillage d'assistance : plus de 350 ONG sont intervenues simultanément ; il faut ajouter à cela les engagements des autorités du Tamil Nadu, du Gouvernement indien …
Bien entendu, toutes ces promesses ont été entendues par les intéressés ! D'où leur volonté de tirer parti d'une situation exceptionnelle, de ne pas laisser cet argent se "dissoudre" et surtout obtenir une situation matérielle meilleure que précédemment. C'est ainsi que des pêcheurs ont monté considérablement leurs exigences, tant sur l'outil de travail que sur les conditions matérielles de vie.


Sur le principe, c'est assez juste et logique, à quelques limites près :
- équiper de gros bateaux en polyester avec moteur, tous les pêcheurs qui précédemment utilisaient des katumarans de bois pour une pêche de rivage, c'est avoir le risque de rompre un équilibre pélagique fragile
- sur le terrain, il n'est pas toujours agréable pour les ONG de se faire recevoir sèchement, voire se faire rejeter quand elles n'apportent pas une réponse conforme à l'attente (les pêcheurs de mer tamouls sont bien connus pour leur "sens direct", voire abrupt, de la "Relation")
- il existe une dimension étroitement catégorielle ou plutôt strictement castique, de ces revendications : il est clair et net que les pêcheurs de mer n'envisagent pas le moins du monde que cette manne puisse aussi bénéficier à d'autres qu'eux, même s'ils ont eux aussi souffert du tsunami (pêcheurs de rivière et de lagune, mais aussi agriculteurs dont les terres innondées sont inutilisables pendant plusieurs années).

Ceci est la réalité indienne qui fort heureusement ne se limite pas à cela !

Aussi Pondy-Pêcheurs a-t-il pris un cap différent :

dans un premier temps, nous avons laissé le jeu se calmer et surtout nous avons choisi de diriger notre aide vers les pêcheurs de lagune et de rivière (voir les News du 11 février).

Ces populations bien plus modestes sont réellement en situation de survie, et cela depuis bien avant le tsunami. Si les pertes sont essentiellement matérielles, la situation déjà très précaire a basculé dans l'insuffisant : perte de l'outil de pêche pour un certain nombre d'entre eux (kutamarans en bois liés, filets emportés) mais aussi interdiction de pêche durant deux mois, le marché aux poissons étant officiellement fermé à Pondichéry (réouvert depuis fin mars, il tourne cependant au ralenti).
Comme souvent, les groupes les plus en survie ont développé de fortes capacités d'analyse et d"adaptation et savent aller à l'essentiel pour l'intérêt du groupe. C'est totalement le cas ici pour les pêcheurs de lagune.
Début avril, deux villages sont maintenant en cours de finalisation de leurs barques, certains pêcheurs ayant repris leurs activités.
Un Centre de formation à Cuddalore est sur le point de s'ouvrir : les locaux sont terminés, les formateurs sont techniquement au point, la formation pédagogique est sur le point d'être finalisée.
Cinq villages recensés sont en attente de cette instruction pour pouvoir accéder à la réalisation de leurs bateaux.

Depuis début avril, la situation évolue : des pêcheurs de mer, prudents par rapport aux promesses reçues, commencent à se tourner vers nous pour étudier nos propositions. Les recherches sur les prototypes de mer sont maintenant relancées en collaboration avec ces pêcheurs.

Ainsi nos choix et engagements initiaux d'investir dans le moyen et le long terme, se trouvent confortés. Par exemple, le Centre de Cuddalore est actuellement conçu pour former les pêcheurs à la fabrication de leurs barques. Il devrait pouvoir devenir un Centre de Formation pour les enfants de pêcheurs souhaitant accéder à une formation technique autre que celle de la pêche : menuiserie, maçonnerie, etc...

Au cours de nos actions, nous avons également pris conscience des besoins éducatifs des enfants de ces villages. C'est ainsi que Pondy-Ecole a pris corps grâce à l'investissement d'enseignants du lycée français de Pondichéry. Des parrainages sont acquis, le sauvetage d'une école francophone est en bonne voie, d'autres projets sont déjà dans les cartons et n'attendent que votre collaboration.

  NEWS
 samedi 23 avril  Action MEDILOR à Nagapatinam et Karikal
   Grace aux dons de l'association MEDILOR (Médecins d'Intervention de Lorraine) une action d'envergure va pouvoir être entreprise dans l'une des zones les plus touchées.
En plus des bateaux pour les pêcheurs, un Centre de formation à la fabrication de ces bateaux va pouvoir être créé comme à Cuddalore.
Cette action s'inscrivant aussi dans la durée, il est envisagé dans un second temps, de muter ce centre en Centre de formation professionnelle pour les enfants de pêcheurs souhaitant apprendre un autre métier.

 samedi 23 avril  Nouvelle aide alimentaire d'urgence
  8 familles de pêcheurs de lagune près de Nuchikadde, totalement oubliées, sont venues vers nous. Après vérification, la précarité constatée est telle qu'une aide alimentaire d'extrème urgence a été mise en place pour le 25 avril.
Quatre barques seront construites par la suite.

mercredi 20 avril  Bonne arrivée à nos stagiaires
   Deux stagiaires de Morlaix vont arriver la semaine prochaine à Pondy pour deux mois.

mercredi 20 avril  Pondy-Ecole en pleine action(s)
   Parrainages : les 21 premiers enfants ont tous trouvé des parrains pour la rentrée 2005 !
d'autres enfants dans d'autres villages sont d'ore et déjà recensés ... et attendent leurs parrains.
   Aide à la réhabilitation d'infrastructures scolaires : grace à Pondy-Ecole, la réouverture de l'école française de Karikal est en bonne voie et les inscriptions pour la rentrée 2005 sont en cours.
   Aide à l'achat de fournitures scolaires : la rentrée scolaire en Inde a lieu début juin. Aussi Pondy-Ecole a déjà procédé aux achats des fournitures et des uniformes pour les élèves.

lundi 18 avril  La barque de mer, c'est reparti !
   
Se confirme le regain d'intérêt des pêcheurs de mer pour notre action. Aussi le prototype de la barque de mer a été réactivé, repris, réétudié, transformé, adapté, bref considérablement amélioré (flotabilité estimée de 1350 litres !).
En cours de réalisation, il passera bientôt son test définitif : sa validation par les pêcheurs !
Réponse dans les tous premiers jours de mai.


 mercredi 20 avril  Pondy-Pêcheurs se renforce
   Bienvenu à Balakrishna qui rejoind nos deux explorateurs-inspecteurs Maguey et Tiago afin de renforcer notre équipe de terrain.

 mercredi 20 avril  Premier village au nord de Pondy
   Jusqu'ici Pondy-Pêcheurs a essentiellement prospecté au sud de Pondy, près de Cuddalore. Elargissant notre espace d'investigation vers le nord, nos efforts se portent sur le secteur de Marakanam, une vaste lagune oubliée près des marais salants, à une soixantaine de km de Pondy.
Un premier village de cette zone doit venir en formation à Pondy début mai pour une vingtaine de bateaux.

Repères
   La flotte de pêche à Pondy (Lionel)
 
 les Archives Actu
   10 mars - Livraison des bateaux et pacte sur la Charte
   4 mars - Livraison des premiers bateaux construits par les pêcheurs
   15 février - distribution et discussion sur la Charte
   29 janvier - Prototype de lagune essai concluant
   25 janvier - Action avec les pêcheurs de lagune
   20 janvier - Troisième distribution
   12 janvier - Deuxième distribution
   11 janvier - Parole de Tamouls
   10 janvier - Le Journal de Lionel
   9 janvier - Essai du prototype
   
   

 

pour échanger des idées, pour poser des questions, il existe un Forum Pondy-Pêcheurs sur Yahoo-Groupes
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