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Quand le Tsunami est venu frapper les côtes, devant la terrible nouvelle et les urgences de l'immédiat, notre volonté d'aider s'est spontanément portée sur Pondichéry où nous résidons tous et sur les côtes du Tamil Nadu. Une seule question "Que faire pour
aider au mieux ces pêcheurs que nous côtoyons depuis
des années ?" Une idée maîtresse s'est imposée
: redonner aux populations touchées les outils de travail
pour leur permettre de retrouver au plus vite leur autonomie
financière. |
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L'expérience de la vie locale depuis
de nombreuses années et la chance d'avoir parmi nous deux
jeunes tamouls totalement investis dans cette aventure, nous
a donné la possibilité d'analyser la situation
et son évolution, et de chercher les ajustements permanents
nécessaires. Le système des Self Help Groups de femmes fonctionnant déjà assez bien pour des micro-entreprises coopératives dans un certain nombre de villages du Tamil Nadu, c'est sur ces structures que nous avons décidé de nous appuyer. C'est ainsi qu'est née la Charte, contrat moral que nous établissons avec les villages partenaires et qui impose une coopérative de femmes comme interlocutrice de Pondy-Pêcheurs et dépositaire des bateaux et matériel fournis. |
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Les victimes ont essentiellement été
les pêcheurs de mer dont les centaines de villages posés
sur la plage, souvent à quelques mètres des brisants,
s'échelonnaient sur plus de cinq cents kilomètres.
Il faut rappeler que contrairement à d'autres pays atteints profondément à l'intérieur des terres, la vague meurtrière sur la côte indienne n'a que peu pénétré sauf sur les zones de delta, marécageuses et lagunaires (Karikal, Nagapattinam). |

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Nous sommes cependant tentés d'écrire
que le véritable tsunami n'a pas été la
grande vague mais ses conséquences sociales et économiques
sur toute la zone. Très peu d'ONG venues par la suite
pour aider à la reconstruction, avaient une connaissance
préalable du terrain, des mentalités, des spécificités
socioculturelles non seulement de la région, mais plus
particulièrement des pêcheurs de mer, traditionnellement
réputés pour être un groupe ethnique (une
caste) "rugueux". |
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Entre février et mai, les "besoins" des pêcheurs de mer sont devenus des "exigences" (avec blocage de la pêche tant que leurs revendications ne furent pas exaucées) ; il n'était plus question que de grosses barques en fibre de verre avec moteur, ce qui ne constituait précédemment qu'une minorité de la flotte. A leur décharge, il convient de reconnaître que les fournitures proposées par certaines ONG tenaient de l'aimable plaisanterie (des attached-cases ont été offerts à certains villages par une ONG !). Très rapidement les village se sont mis à "trier" ce que les ONG venaient leur proposer et parfois de façon fort désagréable, certains volontaires plein de bonne volonté se sont faits vertement houspiller pour venir proposer des vêtements usagés qu'ils avaient recueillis et apportés |
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D'autres problèmes profonds subsistent,
à commencer par celui du relogement des sinistrés.
![]() Promesse a été faite par le gouvernement de reloger tout le monde dans du dur. |
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Pour construire de nouveaux villages, des
terres ont été réquisitionnées sur
le domaine agricole, loin du rivage. Double insatisfaction, des agriculteurs bien sur, mais aussi des pêcheurs traditionnellement les pieds dans l'eau, tirant leur bateau sur le rivage et ramenant à la maison filets, matériel et moteur tous les soirs. |
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Comment faire quand la maison est à plus d'un kilomètre ?
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| Pour certains, ce dégagement des villages de pêcheurs de la frange côtière, ne serait pas dénué d'arrières pensées liées au réveil touristique de la région. | ||
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Un an après, sur le terrain, les choses
sont loin d'être réglées. : certes quelques
villages sont reconstruits en dur, mais nombre de villages de
toile perdurent et s'installent dans la durée. D'autre part, l'angoisse apaisée par le temps qui passe, de nombreux pêcheurs sont revenus s'installer sur les anciens emplacements |
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Les différents bilans dressés sur place indiquent que la flotte de pêche a plus que doublée depuis le tsunami. Si l'impact à moyen et à long terme sur l'équilibre pélagique n'est pas évalué, par contre les autorités indiennes ont établi une autre conséquence immédiate : deux fois plus de bateaux nécessitant deux fois plus de bras, ce sont les jeunes fils de pêcheurs qui sont retirés de l'école en grand nombre... |
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| Sur le rivage de Mamallapuram, la flotte un an et demi avant le tsunami ... et en septembre 2005, huit mois après | |
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Soyons clairs : qu'une population traditionnellement
aussi pauvre que celle des pêcheurs de la Côte de
Coromandel puisse bénéficier d'une manne exceptionnelle,
conséquence d'une tragédie naturelle, ne semble
pas choquant, à condition que d'une part cet apport financier
serve à construire l'avenir, et que d'autre part des miettes
de ce gâteau bénéficient aussi aux populations
voisines (agriculteurs, pêcheurs de lagune) tout autant
sinon peut-être plus pauvres encore. La première condition n'est que très partiellement atteinte : certes, les vendeurs de barques en fibre de verre, de télévisions ou de motos vont probablement pouvoir "construire leur avenir", mais en ce qui concerne les pêcheurs et leurs familles, peu de choses auront changé quand dans quatre à cinq ans les barques en fibre de verre seront devenues cassantes et dangereuses : leur tarif excessif ne permettra pas leur renouvellement, si ce n'est au prix d' un lourd surendettement. Quant à la seconde demande, espérer le partage, c'est bien mal connaître le fonctionnement castique, en particulier parmi les castes et sous-castes les plus pauvres. Ici nulle compassion, seule la survie du groupe castique peut justifier l'abandon (partiel) d'avantages personnels. "Avoir" aujourd'hui avec la peur de "manquer" demain peut aisément expliquer ce réflexe "égoïste". |
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En tout état de cause, seuls les villages
de pêcheurs de mer ont été identifiés
par les autorités indiennes comme bénéficiaires
des aides de l'État
et suivis par les ONG. Là aussi il s'agit d'une méconnaissance profonde de la réalité du terrain : |
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- sur le strict plan des dégâts
liés au tsunami, de nombreuses communautés villageoises
de pêcheurs de lagune ont subi des pertes importantes de
matériel mais n'ont bénéficié d'aucune
reconnaissance de perte et donc d'aucune aide n'étant
pas classées par les autorités comme villages de
Pêcheurs de mer - d'autres communautés d'agriculteurs particulièrement pauvres ne pouvaient survivre que grâce à des activités complémentaires de pêche lagunaire et à ce titre, ont été doublement ignorées, même quand les rizières ont été salées par la vague et sont condamnées pour deux à trois ans à ne plus pouvoir produire ou que très peu. |
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