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 PONDY-PECHEURS

un an après ...

 

Le travail considérable que fait Pondy-Ecole se situe sur deux plans :
  - actions directes auprès des enfants : parrainages, fournitures scolaires pour les élèves ou pour l'école


- actions lourdes sur les infrastructures scolaires : réhabilitation de l'École de Karikal, recherche de nouveaux locaux pour la Bridge School.

inauguration de l'Ecole française de Karikal - juillet 2005

 

 

 

Courant août, sept mois après le tsunami, le ralentissement des besoins en bateaux devient visible : nombre de villages ont été assistés et disposent d'une flotte importante … bien supérieure à ce qu'elle était avant la catastrophe.
Certes les besoins existent encore dans nombre de zones reculées telles celles de Karikal, mais pour beaucoup de villages visités ou suivis, les demandes mutent rapidement vers des besoins d'aides directes aux enfants.


S'impose à nous d'infléchir notre action vers la mise en place de structures éducatives et de formation à destination des populations d'enfants de pêcheurs que nous commençons maintenant à connaître.

Cette orientation prend appui sur un certains nombres de constats :
 

- non, les enfants de pêcheurs ne souhaitent pas fondamentalement faire le métier si rude et si mal rémunéré de leurs parents

- le fait de pratiquer un métier d'appoint (presque toujours main d'œuvre non-qualifiée) est courant surtout pour les communautés de pêcheurs de lagune qui ne peuvent vivre (survivre serait plus juste) par l'activité de pêche que quatre à six mois par an

- l'Inde est en train de s'éveiller à la consommation à une vitesse impressionnante et va avoir de plus en plus besoin de personnel qualifié dans des services tels que l'automobile, le bâtiment ou la maintenance ; or il n'existe pas en Inde de Centre de Formation Professionnelle comme nous connaissons en France (la formation des artisans se fait essentiellement par apprentissage … et imprégnation).

Pondy-Pêcheurs a donc lancé une recherche sur les formations porteuses dans un proche avenir, afin de faire un choix et de mettre en place équipe pédagogique et outillage nécessaire ; le choix vient d'être arrêté en réunion plénière : la première formation offerte aux jeunes fils de pêcheurs sera celle de menuiserie pour le bâtiment.
La finalisation du projet (formateurs, contenu, outillage, etc) se poursuit. Les locaux du Centre de Formation de Pondichéry sont disponibles pour cette mutation.

 

 

 

Parallèlement aux enfants, un autre facteur est en train de changer radicalement dans les populations pauvres en Inde du Sud, c'est la découverte du rôle économique et financier indépendant que peut jouer la femme.
Comme très souvent, c'est elle qui tient les cordons de la bourse : quand l'homme a ramené le poisson, elle prend le relais, de la préparation du poisson à sa vente sur le marché local ou au grand marché de la ville voisine.

Depuis quelques années, se sont développées des actions de micro-entreprises qui ont permis à des groupes de femmes (les Self Helped Group) de monter des activités autonomes.
C'est sur ce principe que nous nous sommes appuyés dès le début pour mettre en place nos coopératives de femmes, clé de voûte du fonctionnement de la Charte.

 

 

La pièce maîtresse de notre action s'appelle Mucharini : assistance sociale tamoul ayant une grande expérience du terrain et conseillère du planning familial depuis de nombreuses années, elle est venue prêter main-forte à Pondy-Ecole dès sa mise en place. Devenue salariée de l'association, elle a en charge le suivi des villages avec lesquels nous avons collaboré et plus particulièrement le bon fonctionnement des Coopératives de femmes. 

A la question de savoir si nous devions nous lancer dans le micro-crédit, la réponse unanime de Pondy-Pêcheurs a été "non" : nous ne sommes pas des financiers, gérer de l'argent n'est pas le sens profond de notre action et il nous est totalement impensable de courir l'arrière pays en permanence pour récolter les mensualités échues ! Aussi c'est sur le principe de dons en matériel sur des projets porteurs que nous avons décidé de nous engager.

Nous ne pensons pas trahir la confiance que vous nous avez témoigné après le tsunami en offrant purement et simplement un équipement de base à un groupe de femmes dans le besoin, souhaitant démarrer une petite activité rémunératrice.

 Il faut reconnaître que nous sommes en train de prendre un petit plaisir gourmand à retrouver Mucharini à nos réunions hebdomadaires, pour l'entendre nous soumettre chaque fois de nouvelles propositions :
  - mise de fond pour l'installation d'un téléphone à pièces pour un village isolé
- achat de l'outillage pour la confection de nattes tissées
- mise de fond pour la confection de panneaux de palmes tressées
- 200 kg d'oignons pour la réorientation de cultures maraîchères sur des terrains touchés
- aide à l'amélioration d'une plantation de jasmin
- outillage pour une activité de corderie de fibre de coco
- et la semaine dernière, nous avons été invités à l'inauguration d'un poulailler coopératif qui va permettre à une quinzaine de femmes de produire œufs et poulets.

 

Les projets ne manquent pas et plusieurs d'enrte eux sont déjà en cours d'étude ou de finalisation : tressage de paniers en bambou, fabrication de jouets traditionnels en bois, culture de champignons, réalisation de panneaux de feuilles de cocotier…

Des demandes liées à des activités de couture, nous ont amenés à élaborer une réponse radicalement différente : puisqu'il y a des besoins répertoriés dans le domaine de la couture, pourquoi ne pas former des femmes qui pourraient ainsi répondre aux besoins du village ?

En raison de la quasi-extinction des besoins en bateaux dans cette zone, le Centre de Cuddalore a été reconverti en Centre de Formation de Couture pour Femmes.

Le 18 novembre a été lancée la première formation :
9 jeunes femmes originaires de deux villages viennent apprendre la couture sous la direction de Monsieur Mohane, un tailleur professionnel salarié par Pondy-Pêcheurs.
La formation est organisée en mi-temps (équipe matin, équipe après-midi) pour une durée estimée à deux mois (ajustable en fonction des nécessités et de l'évolution des besoins). Ces jeunes femmes sont défrayées (transport) et nourries ensemble à midi.

 

 

 

 

 

A l'issue de la formation, nous fournissons une machine à coudre par village.

Sous la direction conjointe de Mucharini et de Raji Parisot, nous sommes en train de mettre sur pied pour fin décembre, une Assemblée Générale des Coopératives de Femmes qui ont collaboré avec Pondy-Pêcheurs.
Nous attendons ce moment avec une grande impatience.

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